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Une bouteille : "Ne tournez plus autour du pot, buvez l’eau d’Andabre !"

Publication le Vendredi 04/03/2016

Cette bouteille témoigne du succès économique remporté par les eaux minérales d'Andabre pendant des décennies (don Alinat, 2015).

Le canton de Camarès possède de nombreuses sources minérales, longtemps considérées comme les plus riches de l'Aveyron : les sources chaudes de Sylvanès mais aussi les sources froides de Prugnes, du Cayla et d'Andabre à Gissac. Andabre est connue pour son eau ferrugineuse et gazeuse dont les vertus curatives aident à soigner les soucis digestifs, urinaires, gynécologiques et métaboliques.

La source d'Andabre est mentionnée pour la première fois en 1662 dans Poème à la louange des Eaux minérales du Pont-de-Camarès écrit par un moine de l'abbaye de Sylvanès. En 1670, l'Académie royale des Sciences à Paris fait l'analyse de son eau et la déclare comme l'une des "plus considérables et des meilleures du royaume". Le docteur Malrieu, médecin de Vabres-l'Abbaye et intendant des eaux de Sylvanès à partir de 1781, publie une étude sur les bienfaits thérapeutiques de la source dès 1776, bientôt suivi par d'autres savants. Bien que traditionnellement utilisée comme boisson, elle est employée pour des bains et des douches à partir de 1824 avec l'ouverture de l'établissement thermal d'Andabre. Celui-ci acquiert une très grande notoriété allant jusqu'à rivaliser avec Sylvanès. Cependant, dans les années 1930 sa fréquentation baisse au point de le contraindre à fermer malgré les campagnes de réclames : "Constipés, ne tournez plus autour du pot, buvez l’eau d’Andabre" (1931).

Tout comme à Vichy, l'eau d'Andabre, dont la composition est très proche, servit à fabriquer des pastilles au sel de Glauber mais aussi des caramels et des sucres d'orge. Cependant, elle fut surtout exportée dans des bouteilles depuis la fin du 18e siècle, allant jusqu'à en produire 30 000 en 1871.

Les fameuses étiquettes bleues étaient imprimées à l'aide de la margelle de l'Imprimerie nouvelle de Saint-Affrique, aujourd'hui conservée à la Maison de la Mémoire. Hélas, la production des bouteilles d'eau s'arrêta brutalement en 1979 après un incendie. 

 

 

Sources :

- Archives municipales

- Bedel, Christian-Pierre (dir.). Camarès. Mission départementale de la culture (collection Al Canton). 2000. 320 p.

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