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Le Palais de Justice

Publication le Vendredi 29/09/2017

Du tribunal à la salle des fêtes

Mise à jour : 05/11/2020

En 1790, les départements sont créés et découpés en 6 à 9 districts. Saint-Affrique devient dès lors chef-lieu de district. Conformément à la loi, elle se voit dotée d'un tribunal de district et d'une maison d'arrêt. Ce tribunal, qui fait autorité en matière pénale et civile, est installé dès 1791 dans la Maison commune de la ville située sur l'actuelle place de l'Hôtel de Ville. En 1795, malgré la supression des districts, le tribunal perdure.

 

En 1819, un projet de rénovation de la Maison commune voit le jour notamment en raison de l'exiguïté du lieu et de la contiguïté entre le tribunal et la prison. Ce projet prévoit la construction d'un nouvel Hôtel de Ville (construit en 1861 et toujours présent aujourd'hui) mais aussi d'un nouveau tribunal ainsi que d'une nouvelle prison (construite en 1835 à l'extérieur de la ville, à un emplacement aujourd'hui à cheval entre la caserne des pompiers et le H.L.M. mitoyen). Le tribunal s'installe alors dans l'hôpital de l'époque (actuel collège Foch). En 1828, les sœurs de la Charité de la communauté de Nevers demandent à récupérer la partie du bâtiment occupée par le tribunal afin d'agrandir l'hôpital, trop petit.

 

Il faut cependant attendre 1837 pour que la décision soit prise de construire un bâtiment particulier pour le tribunal. Après de nombreuses discussions, délibérations et propositions, la première pierre est posée le 17 mai 1851. Construit dans les terrains qui formeront le Jardin Public, le Palais de Justice est terminé en 1853. Il est installé entre la Maison d'arrêt et l'hôpital.

 

En 1926, la réorganisation de la carte judiciaire française entraîne la suppression du tribunal civil et de la prison de Saint-Affrique. La même année la Sous-Préfecture est elle aussi supprimée. La Justice de Paix est alors transférée de l'Hôtel de Ville au Tribunal jusqu'à sa suppression en 1950.

 

En 1965, le bâtiment devient propriété de la ville de Saint-Affrique. La partie centrale est abattue et remplacée par la Salle des fêtes actuelle. Le sous-sol est aménagé en salle publique dite « La Caveau ». Les deux ailes sont conservées. L'aile Sud accueillit les Tribunaux de commerce et d'instance jusqu'à leur suppression en 1999. Aujourd'hui on y trouve l'Espace Marionnette. L'aile Nord du bâtiment accueille quant à lui une antenne du Conservatoire de l'Aveyron ainsi qu'un Hall d'entrée nommé « Salle des colonnes » et dans laquelle on peut admirer trois statues Prix de Rome confiées par le Fonds Municipal d'Art Contemporain (FMAC) de la Ville de Paris à la ville de Saint-Affrique : la statue en bronze, de 1931, est signée Auguste Guénot (1882-1966), tandis que les deux autres en pierre sont les œuvres de Raymond Léon Rivoire (1884-1966) et de Clarisse Levy-Kinsbourg (1896-1956).

 

Le bâtiment est aussi lieu de mémoire puisqu'on lui a apposé deux plaques : la première, en 2006, en souvenir des 48 Juifs raflés dont 12 enfants en août 1942 ; la seconde en l'honneur des familles Gandy et Bourgoin et de Blanche Rouve, née Gazel, honorés comme Justes parmi les Nations par l'État d'Israël.

 

Sources :

- Archives municipales : Tribunal, Hôtel de Ville

- Carel, Jean. Notes documentaires pour la connaissances de Saint-Affrique. Compte d'auteur. 2001. 113 p.

- Carel, Jean. Saint-Affrique en images. Compte d'auteur. 2004.95 p.

- Collectif. Regards croisés sur Saint-Affrique. Imprimerie du Progrès. 2007. 373 p.

- Le Pestipon, Alain. Dictionnaire des noms de rues, lieux dits et institutions de Saint-Affrique (travail préparatoire). Compte d'auteur. 1996.

- Marret, François (dir.). Saint-Affrique. Hier et aujourd'hui. Aurore Creation (Éd.).1993.197 p.

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