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Quand Saint-Affrique avait une prison...

Publication le Vendredi 13/01/2017

S'il n'en reste aujourd'hui plus de traces, pendant près de 130 ans Saint-Affrique a été doté d'une prison. Retour sur une histoire méconnue...

En 1789, la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen prône la liberté comme valeur suprême. Ainsi, la privation de liberté devient une peine de plus en plus courante, remplaçant les châtiments corporels (hormis la peine de mort et le travaux forcés toujours pratiqués). En 1790, les départements sont créés et découpés en 6 à 9 districts, chacun doté d'un tribunal de district. En 1791, le Code pénal prévoit que chaque ville dotée d'un tribunal soit dotée d'une maison d'arrêt, de justice ou de correction. En 1795, conformément à la Constitution de l'an III, les districts sont supprimés. Les tribunaux de district et les prisons sont alors le plus souvent remplacés par des tribunaux départementaux (un par département). En 1800, la loi du 27 ventôse an VIII les remplace à leur tour par des tribunaux d'arrondissement (un par arrondissement).

 

Conformément à la loi, Saint-Affrique, devenue chef-lieu de district en 1790, se voit dotée d'un tribunal et d'une maison d'arrêt pour les prévenus et les courtes peines. Ils avaient pour siège la Maison commune  de la ville située sur l'actuelle place de l'Hôtel de Ville. En 1799, la maison d'arrêt comporte deux cachots et quatre grandes pièces pour les détenus. En 1800, Saint-Affrique devient chef lieu d'arrondissement. À partir de 1882, le siège de la Sous-préfecture s'installe dans l'actuelle Maison de la Mémoire sur la place Paul Painlevé.

 

En 1819, un projet de rénovation de la Maison commune prévoit la construction d'une nouvelle mairie (construite en 1861 et toujours présente aujourd'hui), d'un nouveau tribunal (construit en 1854 transformée depuis en Salle des fêtes) ainsi que d'une nouvelle prison. Celle-ci est construite en 1835 à l'extérieur de la ville, à un emplacement aujourd'hui à cheval entre la caserne des pompiers et le H.L.M. mitoyen. En 1926, la réorganisation de la carte judiciaire française entraîne la suppression du tribunal et de la prison de Saint-Affrique.


Néanmoins, le bâtiment continue d'être utilisé devenant, en 1936, un foyer municipal et une auberge de jeunesse. À cette occasion, une piscine et des terrains de tennis sont construits. Le bâtiment est même occupé par les F.F.I. en 1944 avant de redevenir une auberge de jeunesse entre 1945 et 1949. Le bâtiment est ensuite racheté par la commune pour y loger les ateliers municipaux ainsi que la caserne des pompiers. En 1965, une partie du bâtiment est détruit pour permettre la construction du H.L.M. actuel.

 

 

Sources :

- Archives municipales : prisons

- Carel, Jean. Notes documentaires pour la connaissances de Saint-Affrique. Compte d'auteur. 2001. 113 p.

- Le Pestipon, Alain. Dictionnaire des noms de rues, lieux dits et institutions de Saint-Affrique (travail préparatoire). Compte d'auteur. 1996.

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